Dans l’école dite privée ou libre, selon les convictions qu’on a, il y avait des espaces dédiés à l’âme, Michel ne me contredira pas, lui qui…


Dans l’école dite privée ou libre, selon les convictions qu’on a, il y avait des espaces dédiés à l’âme, Michel ne me contredira pas, lui qui fut mon condisciple chez les frères maristes. Des moments où il n’était plus question d’apprendre, de savoir, d’être performant, mais où on était laissé à la contemplation, où l’on pouvait à loisir, rêver à ses plus haut, à ses plus bas, à ses chimères. A la chapelle, par exemple, lieu intime et ombreux où scintillaient toujours quelques bougies et dans lequel j’adorais me rendre.
C’est pourquoi je garde un bien meilleur souvenir de ces classes du primaire que du secondaire, au lycée Thiers, si sèchement républicain, où je ne savais comment me situer entre les forts en thème d’un côté, les premiers de la classe dont je n’étais pas, et les va-nus-pieds de l’autre, qui rotaient et pétaient au dernier rang. Jamais de chants (à part ceux, si plats de Monsieur Graince, le prof de musique que tout le monde craignait et méprisait ) jamais de recueillement, jamais de moments d’union autour de ce qui nous rassemble. L’idée même en eût été tout à fait saugrenue. Nous étions réduits à des pions, chacun dans la solitude de son excellence ou de sa déchéance, ou de sa mécréance. Rien ne pouvait nous réunir, si ce n’est la haine contre tel ou tel prof chahuté.
Je comprends seulement aujourd’hui à quel point l’animal, le petit animal que j’étais, mais encore le mystique que j’aspirais à devenir (comme tout un chacun, je crois), n’ont pas été nourris pendant toutes ces années si fastidieuses et mornes. Ni le plus haut, ni le plus bas, laissés en friche par cette éducation myope et pointilleuse, désespérante comme un mur.
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Vgg Bernard Henri Kœst
juillet 3, 2017

Ce lycée Thiers … c’est exactement ça ! Les pires deux années de ma scolarité.

    Sylvie Sanchez-Dechappe
    juin 17, 2017

    Je crois que pour Gaelle aussi! Pas pour les mêmes raisons….

    Gaelle Sanesti-sanchez
    juin 17, 2017

    Bah non pas vraiment maman…..

    Alain Nouvel
    juin 17, 2017

    Des clones autour d’Adolfe. Brrrrrr ! Heureusement, ils ont l’air d’en rire, eux.

    Vgg Bernard Henri Kœst
    juin 17, 2017

    J’avais fait cette image comme une vengeance personnelle. Je me souviens comme je m’étais réjoui en mai 68 de le voir rebaptisé lycée de la Commune de Paris !

Sylvie Sanchez-Dechappe
juillet 3, 2017

Je crois que pour Gaelle aussi! Pas pour les mêmes raisons….

Gaelle Sanesti-sanchez
juillet 3, 2017

Bah non pas vraiment maman…..

Alain Nouvel
juillet 3, 2017

Des clones autour d’Adolfe. Brrrrrr ! Heureusement, ils ont l’air d’en rire, eux.

Vgg Bernard Henri Kœst
juillet 3, 2017

J’avais fait cette image comme une vengeance personnelle. Je me souviens comme je m’étais réjoui en mai 68 de le voir rebaptisé lycée de la Commune de Paris !

Marie-Christine Grimard
juillet 4, 2017

Belle analyse que je partage

Hennie Claude
juillet 4, 2017

Monsieur Graince ! Prof de musique ! Un nom prédestiné ! Lol !

    Alain Nouvel
    juin 18, 2017

    C’est vrai ! Ça ne s’invente pas !

    Hennie Claude
    juin 19, 2017

    Eh bien non ! Mon cousin, qui tenait une boucherie chevaline, a pour nom de famille Tassel. Bisous

Alain Nouvel
juillet 4, 2017

C’est vrai ! Ça ne s’invente pas !

Hennie Claude
juillet 4, 2017

J’ai eu le lycée Marcel Roby à Saint-Germain-en-Laye. Top niveau cours, mais le reste… Pas d’hygiène, pas de chauffage, pas d’entente entre les élèves dans l’absolu. Discodes quotidiennes. Ni bonjour, ni au revoir. Heureusement, quelques profs fabuleux, dont je garde un souvenir impérissable. Pour les autres cours que les leurs, je n’avais pas le temps ! Au chaud dans un café, à Paris, dans les Musées sur les terrains de sport ou à la piscine pour l’entrainement sur les heures de philo. Bisous

Jean-Pierre Poccioni
juillet 4, 2017

« mais encore le mystique que j’aspirais à devenir (comme tout un chacun, je crois),  »
Vous croyez ? Vraiment ?

    Alain Nouvel
    juin 18, 2017

    Oui, Jean-Pierre, mystique et non religieux, bien sûr. J’entends par là, l’homme ouvert au mystère, à l’Ouvert, à plus grand et plus petit que soi. Ce qui est attentif au disproportionné en soi. Chacun de nous est à la fois fasciné et terrifié par cette dimension-là. Certains en nient l’existence. Je crois qu’il s’agit d’un déni. Mais c’est mon opinion.

    Hennie Claude
    juin 19, 2017

    Et que penses-tu du paranormal ? Juste une question comme ça ! Bisous