Hector aimait les vaincus, comme lui


Hector aimait les vaincus, comme lui. Il savait qu’un vaincu porte avec lui tous les possibles inaccomplis, tout ce que l’histoire ignore. Il se rappelait Priam, son père, qui, les jours de colères, lui répétait : « On s’en fout comme de l’an quarante » … Il comprit plus tard qu’il s’agissait d’une allusion à cette année terrible où les Germains avaient envahi le pays par le Nord, les Ardennes et l’avaient longuement occupé. La blessure que cette humiliation avait laissée était ouverte encore, chez son père qu’il avait porté, et chez lui. Les Troyens avaient été vaincus pour l’éternité, ils auraient cette opprobre à jamais, de génération en génération … Il but un coup de rouge et se dit « Encore un que les Chleus n’auront pas. »


Hennie Claude
décembre 16, 2018

Lol ! Oooooh !